Tawich

Une mer intérieure unique

Le projet Tawich qui, en langue crie, signifie les eaux marines adjacentes à la côte, vise à protéger un territoire marin d’environ 19 000 km2 dans la partie est de la baie James, une des dernières mers intactes au monde. Lorsqu’on mentionne les mots « baie James », on pense immédiatement au gigantesque complexe hydroélectrique ou à d’interminables forêts d’épinettes noires, mais la baie James c’est avant tout une vaste mer intérieure unique au monde. D’une superficie d’environ 500 000 km2, elle est très peu
profonde avec une moyenne d’à peine 40 m (le Saguenay a près de 300 m de profondeur!). De nombreuses rivières importantes telles que la Grande Rivière ou la rivière Eastmain s’y jettent, ce qui contribue à y abaisser la salinité.

La baie James est en outre absolument unique par le dynamisme de ses côtes et de ses îles. L’épaisse calotte glacière qui la recouvrait s’est complètement retirée il y a 8 000 ans et la croute terrestre qui avait été profondément déprimée sous le poids de la glace continue de se relever depuis. De nos jours, le taux de relèvement de la croûte terrestre y est de 1,2 m par siècle, le taux le plus élevé au monde! Comme la côte de la baie James est douce et peu escarpée, le tracé du rivage change rapidement. De
nouvelles îles apparaissent au fil des ans, des îles se retrouvent peu à peu rattachées à la côte, la rive se déplace lentement vers le large. Ce n’est pas pour rien que les Cris disent que « la terre grandit ».

Une biodiversité étonnante

Des études sur la faune, la flore et les aspects culturels du territoire sont menées depuis plus d’une dizaine d’années par des chercheurs des universités McGill, Concordia et du Manitoba, et elles ont permis, conjointement avec les savoirs traditionnels cris, de parfaire les connaissances de la région.Ces études ont montré que les écosystèmes subarctiques diversifiés de la baie James abritent une étonnante biodiversité. L’esturgeon jaune, une espèce en difficulté, s’y retrouve, tout comme nombre d’espèces fort appréciées des communautés cries, telles que le cisco, le grand corégone ou la truite de mer. Certains fonds marins abritent de riches communautés d’organismes invertébrés tels qu’étoiles de mer, oursins, anémones, mollusques ou crustacés.

En 1985, la population de béluga de l'est de la baie d'Hudson a été estimée entre 1 000 et 2 000 individus à l'est de la baie d'Hudson et entre 700 et 2 000 dans la baie James, soit moins de la moitié de son effectif du milieu du XIXe siècle. Ces populations ont souffert de la chasse commerciale qu'on pratiquait dans le passé pour exploiter la peau et l'huile de ces animaux. Aujourd'hui, les Inuits ne chassent le béluga qu'à des fins alimentaires.

La population d'ours blancs du Sud de la baie d'Hudson

Alan D. Wilson

Photo Alan D. Wilson

La baie James accueille la population la plus méridionale des ours polaires dans le monde. Ces ours blancs se distinguent également par leur taille moyenne et leur fréquence plus élevée de reproduction. Les Twin Islands, situé au nord-ouest de Wemindji et à la limite nord proposée pour l'aire marine de conservation, sont reconnues en tant que premier site de reproduction pour cette population. De plus, les scientifiques ont remarqué un autre comportement unique à cette population, à savoir qu'elle s'établit dans des terriers de terre plutôt que de neige comme le reste de l'espèce.

Selon Environnement Canada, les principales menaces qui pèsent sur les ours polaires sont les changements climatiques, la pollution et la perturbation de leurs habitats d'alimentation et de mise bas au printemps. Au Québec, l'espèce a été désignée vulnérable tandis que le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a recommandé le statut d'espèce préoccupante l'ours blanc en 2008.

Une aire marine habitée

Le projet Tawich englobe des sites d’une beauté impressionnante qui sont utilisés quotidiennement par les Cris, à la fois pour la pêche, la chasse ou le trappage. D’un point de vue culturel, on y retrouve les lieux traditionnels de rassemblement, les sites historiques d’échange entre les Cris et les marchands de la Compagnie de la Baie d’Hudson, des plantes médicinales, des baies et d’autres espèces végétales protégées par la CITES (Convention sur le commerce international des espèces fauniques et floristiques sauvages menacées d’extinction). L’aire protégée permettrait donc de conserver le style de vie traditionnel des populations cries qui occupent les côtes de la baie James depuis des millénaires.

Cette aire marine protégée s’insère en outre dans un projet plus vaste de protéger à la fois le milieu marin et le milieu terrestre adjacent, des milieux qui sont étroitement interreliés. En effet, les bassins versants de la rivière du Vieux-Comptoir et de la rivière du Peuplier sont maintenant protégés par la réserve de biodiversité projetée Paakumshumwaau-Maatuskaau. En y adjoignant le territoire marin du projet Tawich, c’est un vaste écosystème utilisé depuis des temps immémoriaux par les Cris qui serait protégé.

La SNAP et le projet Tawich

La SNAP appuie le projet Tawich et a participé étroitement à son élaboration depuis plus de deux ans. D’une part, notre appui est motivé par la grande valeur écologique et culturelle du site, que ce soit la population la plus méridionale au monde d’ours blancs, le béluga en voie de disparition de l’est de la baie d’Hudson ou les nombreux sites archéologiques ou culturels cris. De plus, l’étroite intégration entre le milieu terrestre et le milieu marin, dans un écosystème extrêmement dynamique, offre une occasion unique d’ajouter la protection d’un milieu marin adjacent à des bassins versants intacts déjà protégés.

Finalement, le projet est une initiative de la communauté crie de Wemindji avec la collaboration d’une vaste équipe d’universitaires qui a combiné son expertise au savoir traditionnel cri. Cette approche ancrée dans le savoir cri et faisant appel au système de gestion traditionnel cri des territoires marins et terrestre nous semble très prometteuse afin d’assurer la durabilité régionale, la continuité culturelle et pour protéger la biodiversité. Le grand nombre de partenaires impliqués dans le projet Tawich est
certainement un gage de succès. La communauté de Wemindji, à laquelle pourraient s’adjoindre d’autres communautés cries de la baie James, le Grand Conseil des Cris, les universités McGill, Concordia et de Manitoba, Parcs Canada, le MDDEP avec la réserve de biodiversité terrestre, ainsi que la SNAP Québec, travaillent à la concrétisation de cet ambitieux projet de conservation
marine.

Consultez le site du projet.

Nouvelles

La tortue luth

Communiqué de presse
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2010 – Année internationale de la biodiversité

La SNAP Québec met en vedette une espèce menacée chaque mois

Montréal, 3 septembre 2010 – Depuis janvier, la SNAP Québec vous présente une espèce animale québécoise dont la survie est dans une situation précaire afin de souligner 2010, Année internationale de la diversité biologique. La SNAP Québec, qui travaille depuis de nombreuses années à la protection d’au moins la moitié de notre nature sauvage, profite de cette occasion pour sensibiliser la population et le gouvernement à l’importance de conserver l’intégrité de nos écosystèmes, malheureusement trop souvent menacés.

Déjà 2300 signatures amassées !

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Montréal, 11 août 2010 – Lancée le 8 juin dernier dans le cadre de la Journée mondiale des océans et de l’Année internationale de la biodiversité, la SNAP Québec et Québec-Océan ont déjà amassé 2300 signatures par le biais d’une pétition demandant au gouvernement québécois de travailler à la protection de notre milieu marin, un patrimoine naturel exceptionnel ! A la lumière du drame écologique et humain du golfe du Mexique, il est plus que jamais temps de conserver cette richesse.

Le garrot d’Islande, un canard en danger


Photo : Audubon Society - Musée de la civilisation

Communiqué de presse
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Montréal, 7 juillet 2010 - Dans la cadre de l’Année internationale de la biodiversité, la SNAP Québec présente mensuellement une espèce dont la survie est en péril au Québec. Alors que moins de 1% de notre patrimoine marin est protégé et que 8,14% de la portion terrestre l’est, il importe de rappeler que plusieurs de nos espèces sont en danger dont le garrot d’Islande.

Rapport annuel de la SNAP sur les parcs

Communiqué de presse
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La faune a besoin de grands parcs, sans quoi certaines espèces disparaîtront

Ottawa, 9 juillet 2010 – L’état de la santé des espèces fauniques et la biodiversité dans les parcs nationaux et provinciaux du pays n’est pas toujours rose et varie énormément d’un parc à l’autre, selon un nouveau rapport préparé par la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) publié dans le cadre de la Journée des parcs du Canada.

Symposium sur les aires marines protégées au Québec - Vers un réseau pour préserver notre biodiversité marine

Vers un réseau pour préserver notre biodiversité marine

Rimouski, 10 juin 2010 – C’est avec grand plaisir que la SNAP Québec et l’équipe du Projet de conservation marine Tawich déclarent ouvert le tout premier Symposium sur les aires marines protégées (AMP) au Québec, se déroulant en cette Année internationale de la biodiversité et suite à la Journée mondiale des océans (le 8 juin). Cet événement se veut un lieu d’échanges entre les parties prenantes de la conservation marine au Québec, soit les instances gouvernementales, l’industrie, les utilisateurs, le milieu académique, les autochtones, et les organisations non gouvernementales (ONG). Le symposium se tient à Rimouski aujourd’hui et demain.

Journée mondiale des océans - Protégeons notre Québec bleu

Rimouski, 8 juin 2010 – En cette Journée mondiale des océans et dans le cadre de l’Année internationale de la biodiversité, la SNAP Québec et Québec-Océan lancent un appel, par le biais d’une pétition, à la population et au gouvernement québécois pour la protection de notre milieu marin, un patrimoine naturel exceptionnel.

Le béluga, toujours en danger

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Montréal, 1 juin 2010 - Dans la cadre de l’Année internationale de la biodiversité, la SNAP Québec présente mensuellement une espèce dont la survie est en péril au Québec. Alors que moins de 1% de notre patrimoine marin est protégé, il importe de rappeler que plusieurs de nos espèces sont toujours en danger, dont l’une des plus chères au cœur de la population québécoise, le béluga.

Le canari des mers

Le patrimoine marin québécois sous pression

Communiqué de presse
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Montréal, 3 mai 2010 –Depuis janvier, la SNAP Québec vous présente une espèce animale québécoise dont la survie est dans une situation précaire afin de souligner 2010, Année internationale de la diversité biologique. La SNAP Québec, qui travaille depuis de nombreuses années à la protection d’au moins la moitié de notre nature sauvage, profite de cette occasion pour sensibiliser la population et le gouvernement à l’importance de conserver l’intégrité de nos écosystèmes, malheureusement trop souvent menacés.

Rescaper la conservation marine pour éviter notre noyade collective - lettre ouverte de la SNAP QC

Mercredi, 22 octobre 2009

La conférence scientifique internationale sur la biodiversité qui se tenait du 13 au 16 octobre en Afrique du Sud traçait un bien triste bilan de l’état de nos écosystèmes. La perte de biodiversité ne cesse de croître, signifiant que la base même de notre survie s’effrite de plus en plus rapidement. Or la communauté scientifique est unanime : les aires protégées, ces endroits où l’on interdit les activités industrielles, sont un outil essentiel pour préserver les espèces et leurs habitats.

Journée mondiale des océans - L’heure n’est pas à la fête au Québec

Montréal, le 8 juin 2009 – La Journée mondiale des océans devrait être une occasion de célébrer l’importance et la beauté de nos milieux marins. Toutefois, au Québec, l’heure n’est pas à la fête. L’état de nos écosystèmes marins se dégrade rapidement et il devient urgent d’y protéger les habitats et la biodiversité en créant des aires marines protégées. Compte tenu des retards considérables pris dans le dossier des aires marines protégées par le gouvernement du Québec, la SNAP Québec estime qu’il est plus que temps que le Québec concrétise son engagement de juin 2000 de protéger la biodiversité marine par un réseau d’aires protégées représentatif.