Assinica-Broadback-Lac Evans
Parc patrimonial cri d’Assinica et la grande région de la rivière Broadback et du Lac Evans
Région Assinica-Broadback-Evans
Situé entièrement en territoire cri, dans le Nord-du-Québec, ce territoire englobe de grandes forêts encore intactes, des plans d'eau parmi les plus vastes au Québec, et de nombreuses espèces d'importance, dont le caribou forestier. Alors que la conservation de cette région améliorerait grandement la connectivité du réseau d'aires protégées entre la Baie James et le lac Mistassini, dans le territoire considéré comme l'habitat du caribou forestier, les projets d'aires protégées se heurtent actuellement à de nombreux obstacles.
Le 30 avril 2009, le Grand conseil des Cris et la SNAP Québec ont publié un important communiqué afin que le gouvernement du Québec suspende toute coupe forestière sur ce territoire cri jusqu'à ce que l'habitat du caribou forestier soit protégé. Pour lire le communiqué.
Secteur Broadback-Evans en danger
Une étude récente de Nature Québec et le travail de la SNAP Québec dans ce secteur l'identifient comme l'un des territoires au plus fort potentiel pour l'établissement d'une grande aire protégée pour le caribou forestier. En fait, la totalité du secteur au nord de la rivière Broadback et du lac Evans ne contient aucune route et n'a jamais fait l'objet d'exploitation forestière. Cependant, la crise que connait cette industrie pousse les compagnies à planifier des coupes et la construction de routes dans ce secteur qui est encore vierge et ce, dès 2009. La construction de deux nouveaux ponts sur la rivière Broadback amèneraient les industriels à couper dans une forêt mature encore intacte et où le caribou forestier y a établit son habitat. La nation crie et la SNAP Québec s'opposent à toute intervention dans cette région jusqu'à ce que l'habitat du caribou soit protégé.
Il n'y a pas que la SNAP Québec qui a répertorié ce territoire comme étant d'une haute valeur de biodiversité. La communauté crie de Waswanipi y a identifié depuis longtemps un territoire d'intérêt pour la conservation : la forêt vierge de Mesikamis. Si nous n'agissons pas rapidement et si Québec fait fi de nos préoccupations et de nos demandes, d'ici peu, ce seront les dernières forêts intactes sur le territoire de Waswanipi qui seront fragmentées.
Secteur du parc patrimonial cri d'Assinica
Autrefois, cette région du Nord-du-Québec était un important territoire pour la traite de fourrures. Les communautés autochtones y troquaient leurs peaux de castors contre des armes à feu ou de la nourriture. Déclarée réserve faunique Assinica, les Cris d’Oujé-Bougoumou portent maintenant avec passion le projet de Parc patrimonial cri d’Assinica afin de protéger ces vastes étendues sauvages. La réalisation de ce projet permettra la protection d’attributs naturels et culturels exceptionnels et la mise en place d’un développement économique viable pour la communauté et la région du Nord-du-Québec, notamment par la mise en place d'un développement basé sur l'écotourisme, en protégeant de vastes forêts matures et fréquentées par trois hardes de caribou forestier, en conservant des sites archéologiques d'une grand valeur culturelle pour la communauté crie, et par le maintient des écosystèmes déjà en place et fonctionnels. La SNAP Québec et ses partenaires ont jugé prioritaire ce projet de parc.
Objectifs
La création de ce parc permettrait :
- La réalisation d'un parc de 6 000 km² au sein de la réserve faunique Assinica dont la superficie totale est de 11 000 km².
- D’augmenter d’environ 0.35 % la superficie protégée au Québec et d’ainsi rapprocher la province de ses engagements nationaux et internationaux. En 2009, le gouvernement a atteint une première étape, soit 8,12% d'aires protégées. L'objectif est maintenant de 12 % d'ici 2015 et le projet de parc Assinica fait partie d'un des cinq grands parcs qui seront créés d'ici 2011 dans le cadre du Plan Nord.
- De mettre en place un développement basé sur l’écotourisme et l’échange interculturel permettant des retombées à courts, moyens et longs termes pour la communauté et la région.
- De protéger de vastes forêts matures fréquentées par trois hardes de caribous forestiers (hardes Assinica, La Trève et Broadback), espèces classées « vulnérable » au Québec et « menacée » au Canada.
- De conserver des sites archéologiques d’une grande valeur culturelle et spirituelle permettant d’honorer les activités et les valeurs traditionnelles cries.
- De maintenir en place des écosystèmes encore intacts et les services écologiques qu’ils rendent, tout en luttant contre les changements climatiques.
- De concrétiser la mise en place du plan de rétablissement du caribou forestier en protégeant de vastes territoires nécessaires à sa survie.
Des négociations qui piétinent
Malgré l’inclusion du projet dans l’entente de la «Paix des Braves», l’accord des diverses instances gouvernementales touchées, la mobilisation de la communauté crie, l’intérêt écologique marqué, le fort potentiel de développement écotouristique et l’appui des groupes environnementaux, les négociations stagnent depuis 2002.
Le gouvernement s’obstine à ne vouloir protéger que les secteurs non forestiers (une proportion de 49 % du territoire de la proposition de ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) est constituée de lacs, de rivières et de tourbières), excluant les habitats essentiels du caribou forestier ainsi que les sites archéologiques de valeur. Ainsi, à peine 2 000 km² seraient cédés par le MRNF malgré l’insistance du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs à protéger de plus grands territoires.
Notons que le projet de parc Assinica est situé dans la province naturelle des hautes-terres de Mistassini où moins de 5 % des terres forestières sont protégées.
